183 – 165 = 18
by drixm
Ca a commencé par une légère odeur âcre et piquante dans la cour intérieure du 90 rue Saint Maur et par de vagues pensées anodines sur le fait que certains n’ont pas encore bien intégré la vacuité de faire mumuse avec des allumettes et que faire flamber des matières plastiques était non seulement puérile mais potentiellement dangereux.
Mais, en apercevant au loin l’épais panache de fumée noire tourbillonnant follement au-dessus chez moi, vers le 165 de la même rue, je jette ces réflexions aux oubliettes tout en prenant mes jambes à mon cou, direction le placard qui me sert d’appartement et substantiellement de stockage de mes précieux outils de travail. Frousse au corps, slalomant parmi les badauds qui s’attardent déjà dans les rues, je décrasse ce qu’il me reste de bronchioles régulièrement noircies à la nicotine dans un concert tonitruant de sirènes hurlantes dont les échos se font entendre maintenant de toutes parts.
Rassuré de voir que mon immeuble ne s’est pas ni transformé en brasier, ni en incinérateur macabre d’archives photographiques, j’avale un dernier imbroglio de marches d’escaliers et de molécules d’oxygène et, avec ce qu’il me reste de force, je fais aussitôt demi-tour avec tout mon barda de lentilles et de boîtiers, direction la fournaise, au 183, tout près.
Il n’y a pas encore de périmètre de sécurité, les pompiers s’affairent pourtant et les grandes échelles se déploient tout juste. Ca crame sévère tout en haut, des débris volent, l’atmosphère est viciée, corrosive, acide et les quelques agents de la police nationale sont, eux, totalement dépassés.
· • • ·
This is a WPSimpleViewerGallery
· • • ·
Il n’y aura, fort heureusement, pas de victimes : une douzaine de personnes souffriraient « seulement » de légères intoxications respiratoires dont trois pompiers. Un bilan miraculeux, je trouve, face à l’intensité des flammes. Et conséquemment, un épiphénomène pour les agences de presse. Gageons que si le sinistre avait eu lieu au milieu de la nuit, le bilan aurait été beaucoup plus lourd et l’intérêt des agences filaires tout autant proportionnel…


Comments
Ouf
tu as bien couru!!
mais tu as sauvé le matos!
bisous
( c’est un essais!je me lance!)
Hello Cédric, mais tu étais partout à la fois pour shooter tous ces angles ! En tout cas très créatif, bravo pour l’intégration du contre-jour.
Merci Laurent et ravi de te lire ! En fait, je suis arrivé vraiment très tôt sur le lieu, il n’y avait pas encore de cordon de sécurité et ça m’a permis de vraiment faire le tour de ce qu’il était possible de capter. Puis, les forces de l’ordre ont commencé à définir un périmètre de sécurité qui s’est élargit constamment au fur et à mesure de l’intervention. J’ai donc commencé au 24mm et fini au 320mm (200mm sur APS). La variété des plans et des focales est généralement gage de réussite et là, on peut dire que les « contraintes » extérieures m’ont bien aidé puisque je n’ai même pas eu à penser à varier, j’y étais obligé ^.^
et oui j’avais un peu lâché la « websphere » pendant quelques mois, changement d’appart, travaux, beau temps …
Tu shootes sur APS parfois ? J’imagine pour le rapport favorable focale/encombrement ? Au CE du bureau on a un 300mm/2.8, faut faire quelques exercices d’assouplissement avant de le monter !
En fait, c’est mon boitier de secours (550D) qui a un capteur APS : moins cher, moins encombrant, l’avantage du rapport x1.6 sur les longues focales et video HD aussi. Mais l’ergonomie et le niveau de bruit est quand même loin d’atteindre les performances de mon 5DmkII. Ca dépanne quand même et permet d’éviter les changements d’optiques intempestifs…
Sympa ton CE dis donc ! :^)