Justine & Martin :: Finalistes meilleur scénario 2011

by drixm

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« (…) L’année 1995 aura été pour la France une des plus meurtrières, mais surtout une des plus violentes. (…) C’est une violence physique et psychologique qui enlace le pays entier. On s’en prend à sa population, au cÅ“ur des villes, on décime des civils. Des bombes explosent dans les transports en commun, devant les écoles et sur les marchés. La panique gagne les grandes et petites villes, les citoyens ne sortent presque plus, ne se divertissent plus, ne prennent plus ni bus, ni métro… La peur habite chacun. Pendant des semaines, un ennemi inconnu maintient le pays tout entier dans la terreur. »

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Vous devez certainement tous vous rappeler du nom de cet ennemi publique N°1 de l’époque : Khaled Kelkal. Et si sa responsabilité dans les attentats particulièrement meurtriers perpétrés cette année là au coeur de la capitale Française (notamment l’attentat du RER B à St Michel) lui vaut une macabre célébrité médiatique, ce sont surtout sa mort violente et son corps criblé de balles qui, filmés en direct et retransmises sur les JT, marqueront à jamais l’esprit de téléspectateurs et citoyens médusés.

Kahled est pourtant un jeune homme que rien ne prédestine à devenir le terroriste le plus traqué de l’histoire de l’Hexagone. Les mécanismes d’une descente aux enfers extrêmement rapide d’un enfant doué, studieux et exemplaire à tous les égards sont multiples et complexes. Et ce sont ces mécanismes qu’ont méticuleusement disséqués Justine Martini et Martin Razy pendant huit mois en étudiant de centaines d’heures d’archives télévisuelles ou radiophoniques ainsi que d’ouvrages sur le terrorisme et bon nombres d’interviews de personnalités concernées par cette affaire. Ils en ont écrit un scénario passionnant, au titre éponyme « Khaled Kelkal ».

Au coeur de ce scénario se mêlent (je cite) :

« l’histoire de l’immigration française, de l’intégration scolaire, de la violence carcérale, de la quête d’identité et de la rencontre avec le fanatisme religieux, (…) des éléments et évènement sociaux qui ont concouru à faire basculer le protagoniste dans l’intégrisme religieux (…), [avec] la rapidité et la violence d’[un] engrenage qui le mène[ra] à sa perte.

Dans le but ultime de tenter de répondre à ces questions simples :

« Comment un jeune homme bascule t-il dans l’horreur ? Comment un adolescent peut-il être recruté et formé au terrorisme au sein même de notre pays ? Comment a-t-il pu commettre l’irréparable à seulement vingt-quatre ans ? Comment Khaled Kelkal est devenu l’ennemi public numéro un, avant de mourir en direct devant une caméra de télévision le 29 septembre 1995 ? »

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Dans la même veine des deux volets cinématographiques sur Jacques Mesrine (L’instinct de mort et L’ennemi public N°1 de Jean-François Richet) et de la série sur Carlos d’Olivier Assayas, le scénario « Khaled Kelkal » que propose Justine et Martin promet d’être aussi palpitant qu’instructif. Sélectionné pour la finale du Prix Junior du Meilleur Scénario 2011 (http://www.prix-scenariste.org/), j’ai eu le plaisir de photographier ces deux auteurs pour la communication de l’édition 2011 de ce Prix « Sopadin ».

©Cédric Bosquet

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Rappelons qu’au cours des 5 dernières années, 3 Lauréats du Grand Prix Sopadin du Meilleur Scénariste ont reçu le César du Meilleur Scénario original :

« Séraphine » de Martin Provost (7 César dont meilleur scénario original en 2009)
« Va, vis et deviens » de Mihaileanu et Blanc (César 2006 du meilleur scénario original)
« Le nom des gens » de M. Leclerc et B. Kasmi (César 2011 du meilleur scénario original).

Gageons qu’un avenir aussi radieux que ceux-là est à la porté de ce script. Le cinéma français ne s’en porterait pas plus mal, si vous voulez mon avis personnel… C’est en tout cas un film que j’aurais plaisir à voir sur grand écran. A noter que la soirée de remise des prix est programmée courant novembre et qu’elle presentera les 6 finalistes à l’aide de pitchs filmés au Studio Harcourt. Rien que ça…

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